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Couverture du roman Le Hamac et les Colibris, de Karine Baridon — une femme rousse allongée dans un hamac blanc sur fond turquoise, trois colibris de couleur au-dessus d'elle, et une comète traverse le ciel

Le Hamac et les Colibris. Roman de Karine BaridonChapitre 45 — Cas de conscience

Pennac — Saga Malaussène
Les histoires sont des pansements sur la réalité.

Gianni Rodari
Une fable, c'est un mensonge qui dit la vérité.


2 ans après le grand reset… février.

Après la montagne, le Viking m'avait conseillé de me défendre. J'avais obtenu l'aide juridictionnelle et un avocat commis d'office.

Mais dans les faits, l'avocat a repoussé mon dossier pendant 2 ans.

J'ai épluché tout de fond en comble et j'ai découvert le pot aux roses. Licenciement abusif déguisé. Le patron m'a virée par téléphone, et a fait passer sa décision pour la mienne, puis il a falsifié mes dates de congés dès le lendemain pour m'accuser de ne pas m'être présentée à mon poste. Il a utilisé la loi pour la contourner. Classique. Un vrai escroc.

Mon avocat me demande des preuves validées par d'autres personnes. Je lance des appels à témoins, mon ancienne collègue confirme. J'appelle le Viking, 2 ans après les faits (après plus d'un an de silence…)

Moi — Désolée de te déranger, comment vas-tu… blablabla… sans t'obliger, est-ce que tu accepterais de témoigner pour dire ce qui s'est passé ?

Le verdict est sans appel. Le Viking, bras croisés — C'est ta guerre. Pas la mienne.

Suivi de plus de 3 h 33 d'explications. Le même monologue, entrecoupé des mêmes déglutitions, avec le même discours contradictoire. — Je ne bois plus. … glou glou !

Rien n'a changé. Ça confirme tout le reste. Tout ça pour ça.

Moi — Ok, merci pour le service express de non-témoignage. Très ponctuel. Je n'ai plus besoin de toi pour valider mes choix. Clic.

Depuis cet appel à témoin, plus aucune nouvelle. Enfin… jusqu'au boum de l'été.

Entre-temps, l'avocat m'annonce qu'il a fait ajourner l'audience pour cause de départ à la retraite et qu'il transfère mon dossier à une collègue.

Avant même de jeter un œil au dossier, sa consœur s'empresse de me demander des honoraires, malgré l'aide juridictionnelle. S'ensuit un échange de mails qui tourne en rond.

Moi — Stop. C'est bon Maître. J'arrête les frais. J'ai assez donné. Ma vie, mon temps, mon énergie. Bibi est fatiguée. Je connais enfin la vérité. C'est confirmé. Tout le monde s'est bien servi de moi et j'ai bien trinqué. J'ai assez bu la tasse comme ça, merci. Au revoir et bonne route. Clic. Je viens de dire NON ?! YES. Et si je sortais m'aérer pour fêter ça ?

Plein été, fin juillet. Je revois le Viking rôder dans la garrigue… et sur mon profil LinkedIn. Et là, boum ! Révélation. Je vais tout écrire. Les éjections du drak-car. Les nuits glacées à la montagne. Les nuits venteuses sur la Presqu'île du Sel. Le talkie-walkie de vingt mètres. Le siège de la guerre froide, Ça, le pouvoir mégalo…

Tout devient matière à en rire. Une note après l'autre. Un rire après l'autre. J'ai signé mon entrée en résidence thérapeutique, sans demander sa permission ni de subvention. Je montre toutes les faces de chaque médaille et comprends “pourquoi j'en suis arrivée là”, comme dirait le doc.

Cette fois, je ne tremble pas. Je ne me soumets pas. Je ne l'ouvre pas. J'écris. Et j'en ris. Au théâtre ce soir, je me suis relevée. Nom de la pièce : “J'en viens, j'en ris, j'en vis”.

Décembre… Dialogue imaginaire avec la plume… toute douce.

La plume — Bonjour, comment allez-vous ? Ça fait longtemps.

Moi — Oui… 2 ou 3 ans.

La plume — En quoi puis-je vous aider ?

Moi — Je viens vous voir parce que j'ai un p'tit problème de conscience. J'ai peur de faire du mal. Je cherche la solution… il y en a forcément une. Et s'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème, non ?

La plume (lève un sourcil) — Continuez…

Moi — Si je publie mon livre, je ne suis pas sûre que le Viking ait autant de second degré que mes parents, voyez-vous, il a de l'humour quand il s'agit de me rabaisser, mais pas le contraire, et je n'y ai pas été de main morte avec lui, le pauvre. J'ai toujours le même dilemme, je me mets encore dans ses bottes, je compatis : est-ce que je vais encore me taire pour éviter qu'il souffre ? Mais je m'améliore, maintenant je compatis autant pour moi que pour lui… donc je ne dois pas culpabiliser, hein ?

La plume — Non, en effet. Continuez…

Moi — Si je publie mon roman, j'imagine qu'il peut se sentir trahi. Depuis le temps qu'il cache le mal des Terres Brûlées, son alcool, derrière ses comportements de défense et de contrôle. Une révélation publique pourrait vraiment le fragiliser. Peut-être même l'anéantir.

Mais je n'ai pas écrit ce livre pour que le Tribunal des Guerriers Vikings s'en serve pour crier au scandale et le discréditer, et ne plus dédommager les Vikings victimes de monstres marins. En l'obligeant à passer des tests, pour découvrir ce qu'il cache et lui arracher ses Runes. Tout son monde pourrait s'écrouler. J'ai peur pour lui. Je me mets à sa place.

S'il est obligé d'être conduit chez les Guérisseurs de Runes contre sa volonté, mais qu'il a trop peur de replonger dans le mal des Terres Brûlées, de devenir fou, et de perdre pied… Tout peut exploser. Il pourrait m'en vouloir pour toujours, m'attaquer avant la sortie du livre, de panique, pour avoir souillé l'écusson des af Haldorholm.

La plume — Mais cela voudrait dire qu'il reconnaît les faits… ce qui serait ridicule, vu que c'est un roman, avec des elfes et des légendes viking, symboles des peurs collectives.

Moi — Exactement ! J'ai écrit ce livre pour dépasser mes peurs et montrer la puissance d'en rire, pas pour provoquer, ruiner sa carrière. Dire simplement qu'il souffre, et qu'à force de ne pas dire non, j'en ai subi les conséquences. D'ailleurs c'est ce qui rend son personnage fascinant : ce mélange de charme, d'excès et de vulnérabilité.

C'est ça l'ironie. On ne s'en sort qu'en faisant face à ses peurs. Mais que va-t-il choisir ? Lui seul le sait ! Je ne peux pas lui imposer ce choix. Il a beau être mon personnage, même si c'est moi qui l'ai inventé, c'est quand même à lui de choisir, selon son libre arbitre, comme tout héros qui se respecte. En tant qu'auteure, je respecte la liberté de mes personnages. Sinon, écrire n'aurait aucun sens. Moi, j'ai choisi de prendre du recul et d'en rire. Mais chacun son choix.

Alors à force de réfléchir, je crois que j'ai trouvé la solution. J'ai écrit un roman un peu fantastique, avec une structure à la Vogler, Le Voyage du héros, qui a lui-même repris Campbell, Le Héros aux mille et un visages : la structure universelle des récits mythologiques (appel de l'aventure, épreuves, mort symbolique, retour transformé, etc.). Au départ je me suis dit que j'allais m'en servir, puis finalement j'ai suivi mon intuition.

Et au final, mon livre entre parfaitement dans un voyage du héros : le dragon = la peur / la sidération / le non-dit, la caverne = le silence / l'isolement, le trésor = la paix intérieure + le NON, le retour = l'humour, la création, le lien réinventé. La vie est bien faite quand même !

Et comme j'aime bien la fantaisie, j'ai créé des noms, des lieux, des pouvoirs magiques, j'adore créer avec l'imaginaire. Comme ça, je protège mes personnages et Vik le King garde son libre arbitre, sans que je décide à sa place de son avenir. Il peut continuer son chemin sans risquer de voir sa vie exploser. À lui de choisir librement s'il a envie de se montrer dans une BD ou un podcast, ça le regarde.

Finalement les peurs, c'est comme les ogres, on ne les tue pas, on apprend à vivre avec, comme dit Pennac : les histoires de mon livre sont des pansements antiseptiques : elles ne m'empêchent pas d'avoir mal, mais elles évitent que ça s'infecte. Ça m'a permis de cicatriser !

La plume — Je l'ai lu. Formidable. Je comprends pourquoi vous l'aimez tant, ce Malaussène… Mais arrêtez de vous identifier. Le bouc, c'est votre enfant intérieur, vous n'allez pas rejouer la scène ad vitam æternam ? Sortez du mode survie, vous avez votre vie à vivre. À chacun son roman. Même vos sources d'inspiration ne peuvent pas vivre à votre place. Alors courage. Avancez.

Lui — T'as 56 ans, il serait temps bordel !

Moi — Ok, je vais publier mon roman sous mon nom d'artiste. Sinon le Vik et “Ça” penseront que je leur dois tout.

La plume — Vous avez raison. Ils vous pardonneront tout : votre chute, le grand reset… sauf votre succès qui rime avec leur manque à gagner. Ils ne peuvent pas vous attaquer d'avoir créé un personnage de fiction, car ce serait reconnaître ce qu'ils ont fait. Ce serait ballot.

Moi — C'est la solution, je préfère être libre qu'avoir raison.

La plume — Ne vous en faites pas. Une bombe explose, leur monde tremble… puis tout rentrera dans l'ordre. Ils étoufferont l'affaire, comme d'habitude. C'est de Pennac, non ? Ils jetteront votre roman au feu, mais vos vrais lecteurs, eux, le liront.

Et quant à votre Viking… mettez quand même votre pare-feu et votre combinaison anti-rayons nucléaires. Lunettes pare-balles, crème anti-UV et parasol. On ne sait jamais, on n'est jamais trop prudent. Le soleil brûle ! Faites gaffe aux coups de soleil !

Dimanche c'est Show !

Le journaliste — Question au Viking : que penses-tu de son petit problème de conscience ?

Le Viking — Quoi ? Son mélo à la fin du bouquin ? Vaste foutaise ! Tu ne crois pas que tu en fais un peu trop ? Non mais sérieux… qui va gober un truc pareil ?

L'auteure — Tu parles du moment où je réfléchis à ta place ?

Le Viking — Oui, et crois-moi, t'es loin du compte. Je ne réfléchis pas, moi, j'agis ! C'est beaucoup plus direct et efficace. C'est ça ton travers : tu t'empêches de faire ce que tu veux, de faire tout ce que tu aimes, en fait ! Parce que tu te mets trop à la place des autres. Sauf que tu n'y es pas du tout. Parce que tu penses avec ta tête, pas avec la mienne.

L'auteure — Peut-être… mais comme on ne voit jamais ce qu'on pense, c'est difficile d'en être sûre. Moi-même, parfois, je ne sais pas si ce que je pense vient vraiment de moi ou des autres ?

Le Viking — C'est bien ce que je dis : t'es pas tranquille ! Ça c'est parce que tu as trop de voix dans ta tête. Comment veux-tu avancer si, avant d'agir, tu dois vérifier ce que tout le monde pense ?

Non seulement tu ne peux pas le savoir, mais en plus, demain, j'aurai peut-être déjà changé d'avis. Alors on s'en tape le coquillard ! C'est comme quand tu dis : il réfléchit à la façon dont les autres peuvent le percevoir. N'importe quoi ! Je suis un demi-dieu, les gens m'adorent !

Tu parles de toi là, en fait. Alors je te rassure tout de suite : vu que tu ne sors pas de chez toi pour écrire ton bouquin, tout le monde t'a oubliée. Et ceux qui pensent encore à toi te font la tête, parce que tu ne les vois plus. Ils ont même arrêté de t'appeler pour te laisser dans ta grotte.

Les gens ont une vie, tu sais. Ils font des conneries et ils assument. C'est simple. Ils ne passent pas leur temps à se poser des questions existentielles. Redescends sur terre.

L'auteure — Oui, je sais… mes parents seraient d'accord avec toi. Et si ça se trouve, tu ne penses pas ça du tout.

Le Viking — Ah ça c'est sûr, je sais ce que je pense, moi, pas comme toi ! Alors rends-moi un service : arrête de te mettre à ma place. Ça me fout une angoisse. Je ne suis pas faible, moi ! Je fais face. Je contrôle ma vie. Et s'il y a un problème, j'appelle la Hache pour le régler.

Alors au lieu de craindre les conséquences sur ma vie, occupe-toi plutôt de la tienne. Parce que pendant que tu te poses encore des questions sur ton passé révolu, moi j'ai ouvert un garage à bateaux avec toutes les voitures amphibies que j'ai réparées et j'ai gagné le record du monde du moteur d'occasion en foil.

Alors, n'essaie pas de te mettre dans ma tête. Tu te fais du mal pour rien. Et heureusement que tu n'y es pas : je sais où tout est rangé, moi ! J'ai pas de place pour ranger tes présuppositions ! T'as pas un tiroir aux oubliettes pour tes idées impalpables ?

Et puis tu m'énerves ! Tiens, je vais te le signer ton bouquin, comme ça je pourrai avoir la paix. Je suis plus célèbre que toi. Tu pourras en tirer un bon prix pour les collectionneurs.

L'auteure — Désolée si je t'ai vexé. Mais c'est de bonne guerre. Moi j'ai toujours voulu la paix.

Le Viking — Tu recommences à t'excuser ! Faut pas t'excuser. Pourquoi tu t'excuses ? T'es pas crédible ! À quoi ça sert, tout ton baratin, si tu n'appliques pas ce que tu as appris ?

L'auteure — C'est vrai, t'as raison. Je n'ai rien fait. Pourquoi tu cries ? T'as un problème ? Tu veux qu'on en parle ?

Le Viking — Ben quand on ne fait rien, on se la ferme, comme dirait ton père. Et on ne pense pas à la place des autres, comme ferait ta mère.

L'auteure — C'est l'hôpital qui se fout de la charité ! Monsieur, je décide tout pour tout le monde ! De quel droit tu te permets de juger ma mère ? Commence déjà par régler tes problèmes avec les tiens, et après on en reparle !

Tu viens de mettre le doigt sur le chaînon manquant. Pendant que je me mets à ta place pour ne pas te blesser, je m'empêche simplement de vivre. C'est ça le danger de l'empathie unilatérale. Alors je reviens dans mes bottes. Je me fiche bien de ce que tu penses, de tes peurs, et de tes essais pour me contrer. Tu ne t'es jamais mis à ma place, et j'ai assez donné.

Alors je vais publier mon bouquin, que ça te plaise ou non ! Même la Hache ne pourra pas m'arrêter ! Je l'enverrai à ta famille, à la Haute Autorité des Cimes et au Tribunal des Guerriers Vikings. Tu feras moins malin, grand bourricot.

Le Viking — Je te poursuivrai pour insulte gravée dans la pierre !

L'auteure — Tu ne le feras pas. Ça reviendrait à avouer que tu te reconnais.

Le Viking — Si tu crois que le Tribunal des Guerriers Vikings va prendre au sérieux tes élucubrations… ils ont d'autres monstres marins à fouetter que tes problèmes de conscience de vieille fille aigrie qui ne sait pas dire non.

L'auteure — Ça ne prend plus avec moi. T'as peur, c'est tout. Tant mieux, ça change. Ce n'est plus moi qui ai peur pour toi, pour une fois, à toi de faire face à tes peurs et de te prendre en charge. Ça me libère. Bon débarras !

Le Viking — Le truc qui te manque cruellement, c'est que tu n'as jamais eu le sens du business. Et avec ton décalage horaire, tu as toujours un train de retard. Je te rappelle que tout le monde se précipite pour voir le film, surtout pour la scène du concert. Faut te mettre à jour.

Le journaliste — Mais… de quelle scène de concert il parle ?

L'auteure — Celle que j'ai refusé d'écrire, parce que je n'aime pas prendre mes lecteurs pour des imbéciles ! Mais qu'il a proposée au producteur pour faire un happy end, dans sa comédie romantique, où on se retrouve, le Vik et moi.

Le journaliste — Mais… dans ton livre, elle n'existe pas ?

L'auteure — Non, alors du coup, j'ai pris la décision de demander aux lecteurs qui en ont envie d'écrire cette scène où on se retrouve. Certains ont déjà eu la gentillesse de m'envoyer leurs scénarios. Et comme ils savaient que j'aimais les comédies romantiques, mais que je ne voulais surtout pas qu'on se remette ensemble, ils ont respecté mon choix d'origine, et s'en sont donné à cœur joie. Je n'ai pas encore tout reçu… donc si le cœur vous en dit, j'attends vos idées. Si vous avez envie d'écrire la scène du concert, n'hésitez pas à la publier ici : Le Hamac et les Colibris.

Le journaliste — Tu peux nous en lire 1 ou 2 ?

L'auteure — Avec plaisir…

Le journaliste — “Goldman”, c'est un pseudo, pourquoi ne pas utiliser ton vrai nom ?

L'auteure — Eh bien, on peut imaginer que le premier roman d'une auteure inconnue…

Le Viking — … ait de fortes chances de faire un flop !

L'auteure — Voilà ! Merci pour ton soutien ! Alors, honnêtement, ma hardiesse s'arrête là où commence ma paix.

Le Viking — Si personne ne connaît ton vrai nom, ta grande honte restera anonyme.

L'auteure — Et n'aura aucune répercussion sur ma vie, ni sur celle du Viking ici présent. Qui, comme tout le monde le sait, n'est qu'un personnage “de fiction”, extrait de ma tête embrumée depuis le grand reset !

Le journaliste — C'est d'ailleurs la raison de sa présence aujourd'hui !

Le Viking — En effet, si j'avais vraiment existé, j'aurais tout fait pour annuler la sortie de ton roman ! Et il n'y aurait jamais eu de livre, ni d'émission, tu peux me croire !

L'auteure — Je te crois sur parole, c'est pourquoi j'ai pris mes précautions. Je n'ai pas envie que “la Hache” vienne sonner chez moi pour m'annoncer que tu me poursuis en justice pour usurpation d'identité, de peur que le lecteur pense te reconnaître !

Alors, je pourrais enfin faire ma sieste “tranquille” dans mon hamac, à regarder les colibris face à la mer… Parce que soyons honnêtes, ça fait longtemps que j'en rêve, mais il y a toujours un “truc” qui arrive pour m'empêcher d'en profiter en paix !

Le Viking — Je ne voudrais pas te décevoir, mais étant donné que je suis le seul en possession de ton livre, et que je ne lis pas de roman, je compte allumer un feu de cheminée avec les pages de ton bouquin.

L'auteure — Excellente idée ! Je vais tout de suite la soumettre à IKEA : “Un roman allume-feu, bio, recyclé, pour vos longues soirées d'hiver. Aucune perte. Très écologique.”

Le Viking — Ça va faire un tabac ! Ça peut te rapporter plus que ton livre. C'est toujours ça de gagné.

L'auteure — Oui enfin, pour l'instant, pour limiter l'impact carbone, et peut-être aussi parce que je m'auto-édite, je n'ai imprimé qu'un seul exemplaire, que je t'ai dédicacé.

Le Viking — Waouh ! Tu m'as perdu ! Ça va faire un flop ! Tu es vraiment nulle pour te vendre !

Le journaliste — C'est pas faux ! On pourra bientôt trouver ton roman en version imprimée, en audiobook, ebook, peut-être même en BD ?

L'auteure — Exact, j'ai toujours plein d'idées, toutes créatives et challengeantes, sinon ce n'est pas intéressant, mais j'y vais step by step, c'est le chemin qui m'intéresse, j'apprends en faisant !

Les fiches pratiques tirées de ce chapitre :